Elevage de chats de race Maine Coon
Certificat de capacité 38 006
Siret : 428590293 00018
Je n'ai pu me résoudre à abandonner mes vieilles «humeurs». Sans doute parce-qu'elles sont finalement toujours d'actualité…
Voici celles qui datent d'octobre 2001.
Le Coon est un grand chat. Il est même admis comme le plus grand. C'est l'histoire de ceux qui le rêvent encore plus gros et vous parlent (et même vous promettent) de Coons pesant 10, 11 ou 12 kilos... Les mâles bien sûr ! C'est pourtant déjà bien lourd à porter, un beau mâle bien dans sa peau et ses muscles et pesant 7 ou 8 Kg (c'est la moyenne) !Alors maintenant, pour les amateurs d'exceptions, je vend au kilo : Vous en voulez un de 10 ? Pas de problème ! C'est 1000 F/kilo. Et s'il ne les atteint pas au bout de quatre ans, je rembourse la différence !
Ou triste histoire,
qui, au moins dans le monde des éleveurs, commence à faire long feu.
Il est vrai que des épouvantails nouveaux montrent le bout du nez.
Il existe un vaste groupe de virus, les coronavirus entéritiques ou
F.Co.V, qui logent (comme leur nom l'indique) dans l'intestin des minous
(des colocataires indésirables en quelque sorte). Certaines souches
(F.C.E.V) peuvent causer des entérites bénignes
(des diarrhées quoi !), d'autres rien. Les souches pathogènes F.P.I.V
entraînent l'apparition d'une forme humide ou sèche de la PIF.
Parce que les élevages rassemblent des chats en nombre, ils ont sans
doute été cause d'une propagation à grande échelle de ces virus entre
élevages notamment. Que sait-on aujourd'hui ?
Il y a une théorie de la mutation : les souches PIF sont des mutants
des F.Co.V banals. A l'appui de cette hypothèse, des comparaisons
des génomes (séquences des gènes) des différentes souches (nous sommes
à une époque où la "lecture" possible de l'ADN d'un être vivant
ou d'un virus permet de découvrir bien des renseignements sur sa filiation,
son origine) : Les souches pathogènes sont génétiquement plus
proches des F.Co.V banals présents au même endroit que des virus PIF trouvés ailleurs.Lesquels
d'ailleurs sont à leur tour plus proches des F.Co.V de leur coin. La
mutation se ferait alors à la faveur des réplications virales ou des
recombinaisons entre souches différentes de lieux différents.
Dans ce schéma, un chat qui développe la maladie le fait donc parce
qu'il a lui même produit les mutants pathogènes à partir de ses propres
coronavirus, éventuellement suite à un échange avec ceux d'autres congénères.
Il n'est pas forcément question, au départ, d'une contamination
externe, sauf si plusieurs vivent ensembles. On doit aussi admettre
une prédisposition individuelle, des chats infectés par la même souche
F.P.I.V ne devenant pas tous malades.
Bien sûr, un chat porteur de PIF va devenir contagieux car excréteur
de ces mutants pathogènes.Encore n'a t'on pas de certitudes quant aux
modes de contagion (excréments vraisemblables, contamination par la
mère, autres ?). L'excrétion d'une souche F.P.I.V par un chat contaminé
a lieu essentiellement pendant les 15 premiers jours d'incubation. Quand
le chat manifeste les symptômes, la contamination des congénères est
très faible. Tout au plus sait-on, grâce à des statistiques, que
dans une population de plusieurs chats (type élevage) , 10% environ
des minous succomberont à la maladie si elle se déclenche. A ce
niveau, je remarque tout de même qu'un tel taux de mortalité reste faible.
Je me demande si le taux de mortalité lié à d'autres pathologies n'est
pas au moins aussi élevé, sinon plus. Quant aux accidents de voiture...
Fallait-il vraiment en faire un épouvantail du monde félin ? Ce que
chacun peut savoir aujourd'hui si un chat a ou non des coronavirus dans l'intestin : Ecouvillon
rectal et recherche par test PCR auprès de laboratoires le pratiquant.
Cela quantifie la charge intestinale en virus. Cette charge semble le
plus souvent s'annuler avec le temps (2 ans environ), indiquant que
le chat a définitivement éliminé ses virus. Est-il vraiment immunisé
contre une nouvelle infection ? Il y a de fortes chances si l'on s'en
tient au fait qu'on n'a pas encore pu différencier les souches virales
responsables des diarrhées de celles responsables de la PIF au niveau
antigénique. L'élimination des uns devrait alors assurer l'élimination
des autres tout au long de la vie.
S'il en a eu : test sanguin auprès de laboratoires mentionnant
le taux d'anticorps. Les autres tests n'ont aucune valeur informative
réelle. C'est du vent qui coûte cher : comment interpréter un test disant
"inférieur à" un nombre ? On peut seulement dire que le chat
n'a pas la PIF s'il ne présente aucun symptôme clinique (c'est déjà
bien !). Par contre, tout taux d'anticorps non nul signifie qu'il y
a eu contact avec des coronavirus qui sont peut-être encore présents
chez le chat, surtout s'il est jeune. Ainsi l'état actuel des connaissances,
les tests et leur signification exacte devraient être facilement accessibles
et expliqués à tous, éleveurs comme acheteurs. Cela éviterait que parmi
les premiers, certains ne cherchent la paille dans l'œil du voisin
en ne voyant pas la poutre qu'ils ont dans le leur. Pour les seconds,
cela permettrait peut-être une réflexion avant achat constructive (voir
Humeurs 3). Pour tous, la PIF pourrait ainsi être dédramatisée en venant
enfin se ranger au même rang que bien d'autres maladies à la conclusion
tout aussi tragique. Je remercie mes vétérinaires, les biologistes français
et américains qui, par leurs explications, travaux, discussions et écrits,
m'ont fourni données et matière à réflexion sur cette maladie.
Aujourd'hui,
bon nombre d'élevages hébergent des chats porteurs de coronavirus.
Combien ? Certains ont la chance de ne pas en avoir, ou de ne plus
en avoir. Combien ? Quelle attitude adopter ? Elle dépend d'un
contexte où prédominent soit certaines réponses brutales émanant
de certains scientifiques soit une réflexionélargie pour ne
pas dire éthologique émanant d'autres. Le discours scientifique peut
être pur et dur : Au pire, vous euthanasiez tous vos chats porteurs,
au mieux, vous stérilisez et vous placez. Vous recommencez après un
délai raisonnable pendant lequel vous avez décontaminé vos locaux.
Et vous recommencez, bien sûr, en vous procurant de nouveaux géniteurs,
tout aussi contaminés... C'est là que ce discours devient absurde
à mon sens.Si l'on s'en tient à cet avis, on n'avance guère
: L'éleveur qui découvre le fait chez lui et entend un tel conseil,
peut bien céder à la panique et castrer tout son cheptel. S'il continue
à suivre ces préceptes sans se poser d'autres questions, il recommence
un peu plus tard et l'histoire... recommence elle aussi. Quelquefois,
il ne tentera pas de recommencer, abandonnant là son rêve. Il n'aura
même pas la maigre consolation de penser qu'il a contribué à éradiquer
le virus. Le prix aura été payé par quelques chats et un humain qui
les aime... Quel intérêt sanitaire de se débarrasser d'un patrimoine
félin contaminé mais pas malade pour recommencer un peu plus tard
avec de nouveaux chats tout autant contaminés ? D'autant que la décontamination
semble se faire d'elle même moyennant un peu de patience et quelques
règles sanitaires de bon sens. D'autres se donneront le temps d'attendre,
pour prendre d'autres avis et pour réfléchir sur la base de l'ensemble
des faits et des conséquences vraisemblables. Si la contamination
est vraiment importante, nous sommes devant une situation quasi endémique. Cependant,
l'observation d'une élimination du virus par la plupart chats est
rassurante. Il faut ramener l'incidence
mortalité et contamination de cette maladie à sa juste valeur
et cesser d'en faire l'épouvantail qu'elle est encore dans trop d'esprits. Sur un autre plan, quel est l'intérêt de produire des chats exempts
qui courent le risque d'être contaminés dans n'importe quel endroit
où leur vie les mènera. On touche là une question qui est celle même
de la Vie depuis qu'elle existe et à laquelle l'actualité a montré
récemment une solution appliquée fort discutable. Au nom du principe
de précaution, ovins et bovins ont payé le prix fort. On a tué massivement
sous ce qui peut n'être interprété que comme un prétexte. L'épidémie
de fièvre aphteuse a certes été enrayée. Elle reprendra un jour si
l'on n'applique pas une suite logique : la reprise de la vaccination
telle qu'elle se pratiquait avant. Des cas de vache folle continuent
à se déclarer ça et là, ; ils ne font plus la une des quotidiens,
juste un entrefilet en page intérieure... Et cela continuera tant
qu'on ne sera pas capable de revenir à une gestion plus naturelle
et sage de l'élevage.Les microbes pathogènes ont toujours fait partie
de la vie. Peut-on réellement et naïvement penser aujourd'hui pouvoir
tous les éradiquer pour débarrasser toute espèce vivante de tout risque
? Il me semble que l'espèce humaine a choisi de se battre contre le
virus du SIDA autrement que par l'élimination des sujets porteurs.
Ne peut-on faire le même choix en ce qui concerne les animaux qui
nous entourent ou nous servent ?Peut-on pousser la réflexion et l'argumentation
au delà d'un simplisme satisfaisant et rassurant pour les pouvoirs
publics et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas penser... Peut-on
:
- Admettre qu'il
est peut-être bien de vivre avec. La population féline s'éteindra
sans notre aide si elle n'est pas capable de lutter. Et le virus
retournera à une petite place si les chats développent des moyens
naturels de lutte qu'un vaccin viendrait aider fort à propos.-
Choisir alors de continuer à élever tout en suivant le degré de
contamination de ses chats, leur évolution vers cette salvatrice
négativation ? Et accepter d'en perdre certains car, un jour ou
l'autre, les statistiques nous rattrapent tous.
- Adopter une position
mesurée concernant des chatons vendus qui viendraient à développer
la maladie, c'est-à-dire admettre que ce ne peut plus être un vice
rédhibitoire mais que, dans certaines conditions, cette maladie
ne peut plus être éventuellement qu'un vice caché ?
Ceci ne peut se faire qu'avec une prise de conscience raisonnée du problème, de son ampleur mais aussi de ses solutions naturelles. Et tant par les éleveurs que par les pouvoirs publics et les acheteurs. Et la prise de conscience passera forcément par la fin d'un silence malsain : l'information largement diffusée peut alors casser le règne du silence qui fait loi actuelle, qui laisse perdurer médisance, bêtise ou souffrance au détriment d'une réflexion et d'actes mesurés et bien corrélés aux connaissances actuelles.Il me semble raisonnable de se donner le temps d'en découvrir plus (un futur vaccin par exemple).Il me semble raisonnable d'agir dans le sens logique de la Vie.Combien de beaux minous ainsi préservés d'une mort décidée pour eux ou d'une castration qui privera les races de la (petite) diversité génétique qui existe encore ? Combien d'éleveurs modestes qui ne seront plus réduits à abandonner leur rêve sous le coup de la peur et de l'ignorance encore maîtresses aujourd'hui ?
Pour naviguer heureux, naviguez avec Firefox.